Sommaire
  1. Ce que fait la machine
  2. Comment se passe une séance
  3. Combien de séances, à quel rythme
  4. Promesse contre preuve : ce que mesurent les études
  5. Pour qui, et pour qui pas
  6. LPG ou drainage manuel ?
  7. Avant-après et avis : comment les lire
  8. Contre-indications
  9. Le LPG chez le kinésithérapeute
  10. Prix d’une séance et d’une cure
35 min
séance corps standard selon le fabricant (cartes de 20 à 50 min)
12 à 20 séances
une cure annoncée par le fabricant
2 par semaine
rythme des protocoles étudiés
360 à 1 200 €
une cure de 10 à 12 séances, relevé de novembre 2026
anticoagulants, cancer, infection
contre-indications à vérifier

Le LPG, ou endermologie, est une technique de soin corps non invasive, un massage mécanique : une tête de traitement aspire un pli de peau et le fait rouler entre deux rouleaux motorisés, comme un palper-rouler fait à la machine. La marque promet de lisser la cellulite et d’affiner la silhouette. Les études publiées mesurent surtout des centimètres perdus pendant la cure, souvent chez des femmes qui perdent aussi du poids, et une amélioration de la peau d’orange modeste ou nulle.

Ce que fait la machine

Rien à voir avec le LPG des stations-service, le sigle anglais du gaz de pétrole liquéfié (GPL) utilisé comme carburant : ici, LPG sont les initiales de l’inventeur de la technologie. L’appareil le plus répandu pour le corps s’appelle Cellu M6, décliné en plusieurs générations (dont la version Infinity proposée dans les centres récents). Sa tête de traitement combine deux éléments :

Appareil de soin du corps sur pied, avec écran et tête de traitement reliée par un flexible
Un appareil de soin du corps : la tête de traitement, reliée par un flexible, porte l’aspiration et les rouleaux. · Photo: Appareil de soin du corps, Ivan Babydov, Pexels License
  • une aspiration qui soulève la peau et le tissu sous-cutané en un pli ;
  • des rouleaux et des clapets motorisés qui font avancer ce pli, le roulent et le relâchent, à un rythme réglé par le praticien.

Le geste reproduit le palper-rouler manuel des kinésithérapeutes, en plus régulier et sans fatigue pour la main. Son inventeur, Louis-Paul Guitay, l’a imaginé en 1986 après un accident, pour mécaniser le palper-rouler qui traitait ses cicatrices. La société, installée à Valence, a d’abord travaillé sur les cicatrices, les œdèmes et les fibroses, avant de s’ouvrir à l’esthétique.

Le LPG n’est donc pas un massage de bien-être manuel : c’est un appareil, dont la pression et l’aspiration se règlent. Le principe revendiqué : stimuler le tissu conjonctif et le tissu graisseux par l’étirement répété de la peau, pour un effet sur la fermeté, la circulation et l’apparence de la peau d’orange. La marque parle d’une stimulation cellulaire naturelle ; les soins sont classés sur les cartes en minceur, anti-cellulite, fermeté ou bien-être.

La même société propose un soin du visage à l’appareil (Endermolift), vendu comme anti-âge, avec une tête de traitement plus petite ; le fabricant annonce en général 12 séances. Il relève d’une autre page : les effets mesurés sur le corps ne se transposent pas au visage. Ce que cette stimulation produit sur la cellulite est précisément ce que les études ont cherché à mesurer.

Comment se passe une séance

  1. Le bilan. Avant la première séance, le praticien interroge sur la santé, les traitements, les zones à travailler, et prend souvent des mesures ou des photos. Certaines cartes le facturent, d’autres l’offrent avec la cure.
  2. La tenue. On enfile une combinaison fine et extensible, l’Endermowear : elle sert à l’hygiène et laisse la tête de traitement glisser sans pincer la peau. Elle s’achète une fois, autour de 20 €, et se garde pour la cure.
  3. Le soin. Allongé, la personne présente une zone après l’autre : cuisses, fesses, ventre, bras, dos. La tête de traitement remonte en lignes régulières, plus ou moins appuyée, plus ou moins aspirante.
  4. La fin. On se rhabille et on repart, sans temps de repos ni douche nécessaire.
Cabine de soins claire avec une table de soin, un lavabo et une fenêtre
La séance se passe allongé, sur une table de soin, en tenue fine du cou aux chevilles. · Photo: Cabine de soins du corps, Viktorya Sergeeva 🫂, Pexels License

Les sensations. Le fabricant décrit des séances généralement confortables et non douloureuses (aucune douleur attendue), souvent comparées à un palper-rouler avec des vibrations. Sur une zone sensible ou une cellulite douloureuse au toucher, l’aspiration peut tirer : l’intensité se règle, dites-le. Une rougeur passagère ou un bleu qui apparaît se signale au praticien.

Combien de temps. Le fabricant parle d’une séance standard de 35 minutes au minimum pour le corps ; les cartes proposent de 10 à 50 minutes, selon le nombre de zones.

Combien de séances, à quel rythme

Le fabricant annonce une cure de 12 à 20 séances pour le corps, puis des séances d’entretien régulières, sans fixer de fréquence : elle dépend du bilan. Les études publiées ont suivi des protocoles plus précis :

  • 2 séances par semaine pendant 12 semaines dans l’essai de 1999 ;
  • 2 séances par semaine, 15 séances au total, dans les études de 2009 et 2013 ;
  • 12 séances sur 6 semaines dans les travaux sur le tissu adipeux.

Le fabricant reconnaît lui-même que la régularité conditionne le maintien des résultats : sans entretien, ce qui a été obtenu s’estompe. Le budget à prévoir n’est donc pas celui d’une cure, mais celui d’une cure plus l’entretien.

Promesse contre preuve : ce que mesurent les études

Promesse Ce qui a été mesuré Étude
Lisser la cellulite aucun effet net : 10 jambes sur 35 jugées améliorées par les patientes, aucune différence mesurée entre les jambes essai randomisé, 52 femmes, 1999
Lisser la cellulite baisse moyenne du grade de cellulite, mais aspect amélioré chez 5 femmes sur 33 (15 %) 33 femmes, 15 séances, 2009
Affiner la silhouette tours de cuisse et de taille réduits, perte plus nette chez les femmes qui perdaient du poids même étude, 2009
Affiner la silhouette 2,9 cm de moins en moyenne par zone mesurée, mais 87 % des femmes ont aussi perdu du poids (2,7 kg en moyenne) 118 femmes, au moins 15 séances, 2013, sans groupe témoin
« Déstocker » les graisses réponse du tissu adipeux à une molécule qui libère les graisses plus forte après 12 séances 9 femmes (2008) et 12 femmes (2011), dont une étude signée par la recherche du fabricant
Femme assise qui mesure le tour de sa cuisse avec un mètre ruban
Le tour de cuisse au mètre ruban : la mesure retenue par les études, qui bouge aussi avec le poids. · Photo: Mesure du tour de cuisse, BOOM 💥 Photography, Pexels License

L’essai le plus solide est aussi le plus ancien. En 1999, une équipe britannique de chirurgie plastique a comparé, sur 12 semaines, une cuisse traitée et l’autre non, chez 52 femmes allées au bout de l’étude. Elle n’a trouvé aucune différence de mesure entre les jambes, et ses auteurs ont conclu que ni le LPG ni la crème testée en parallèle n’amélioraient l’aspect de la cellulite.

Les études favorables n’ont pas de groupe témoin. Celles de 2009 et 2013, menées en Turquie, mesurent bien des centimètres en moins, mais sur des femmes dont beaucoup perdaient du poids pendant la cure. L’étude de 2009 le dit elle-même : les femmes qui maigrissaient perdaient plus de centimètres que les autres, et la peau d’orange ne s’améliorait que légèrement.

Les travaux sur la graisse sont des mesures de laboratoire. Ils montrent qu’un tissu adipeux massé réagit autrement, un effet cellulaire, pas qu’une silhouette change. Le premier est signé par la recherche du fabricant.

Notre lecture : le LPG peut accompagner une perte de poids et donner une peau plus souple au toucher pendant la cure ; il ne fait pas maigrir et ne supprime pas la cellulite. Ce qui marche dépend d’abord du type de cellulite : une cellulite liée à une prise de poids ne répond pas comme une cellulite ancienne et dure au toucher.

Pour qui, et pour qui pas

Le LPG peut convenir si :

  • vous voulez accompagner une perte de poids ou une reprise d’activité physique, en sachant que la machine n’en fait pas le travail ;
  • la sensation d’une peau plus souple pendant quelques semaines vaut, pour vous, le prix d’une cure et de son entretien ;
  • vous n’avez aucune des contre-indications listées plus bas.

Il ne convient pas si vous attendez une perte de poids, une disparition durable de la peau d’orange, ou un traitement pour une jambe qui gonfle. Une graisse des jambes symétrique, douloureuse, qui marque au moindre choc et résiste aux régimes peut être un lipœdème : elle relève du médecin, pas d’une cure de cabine.

LPG ou drainage manuel ?

Les deux se confondent souvent sur les cartes de soins. Le drainage lymphatique manuel travaille à pression très légère, sans aspiration, pour déplacer la lymphe vers les ganglions ; le LPG étire et roule la peau, avec une pression réglable bien plus forte. Pour des jambes lourdes, le drainage est le geste adapté ; pour un travail sur la peau et le tissu sous-cutané, c’est le LPG. Aucun des deux ne fait mincir.

Avant-après et avis : comment les lire

Les photos avant-après des cartes de soins sont prises par ceux qui vendent la cure, souvent dans les meilleures conditions. Elles montrent un effet possible, pas l’effet moyen. Avant de vous y fier, regardez :

  • si le poids a changé entre les deux photos (souvent, il n’est pas indiqué) ;
  • la lumière : une lumière de face efface les capitons, une lumière rasante les creuse ;
  • la posture et la tension des muscles : une cuisse contractée paraît plus lisse ;
  • le délai : une photo prise juste après la dernière séance ne dit rien de l’effet trois mois plus tard.

Un avis négatif qui décrit un résultat disparu à l’arrêt des séances n’a rien d’étonnant : c’est cohérent avec les études : l’effet mesuré tient à la régularité, et la cure sans entretien ne laisse pas grand-chose.

Contre-indications

Le soin est réservé aux professionnels formés à l’appareil, en institut, en centre spécialisé ou chez un professionnel de santé. Quel que soit le lieu, le fabricant liste lui-même ses contre-indications :

  • cancer en évolution, sauf avis médical écrit ;
  • traitement anticoagulant ;
  • maladie du sang ;
  • maladie en poussée inflammatoire ou infectieuse, infection ;
  • éruption sur la peau.

S’y ajoutent les précautions de tout massage appuyé : phlébite ou varices importantes sur la zone, plaie, grossesse sans l’accord de la sage-femme ou du médecin. Les cartes qui annoncent un soin « sans aucun risque » pour les femmes enceintes ne remplacent pas cet avis. L’âge n’est pas en soi une contre-indication : c’est l’état de la peau et de la santé qui compte. Une jambe gonflée d’un seul côté, chaude ou douloureuse se fait examiner par le médecin, pas masser.

Le LPG chez le kinésithérapeute

Avant d’être un soin d’institut, l’endermologie a servi en rééducation : assouplir une cicatrice adhérente, une zone fibreuse après une brûlure ou une chirurgie, un œdème. Des équipes hospitalières l’étudient encore, par exemple en complément du traitement du lymphœdème après un cancer du sein. Dans ce cadre, c’est le kinésithérapeute qui décide de l’utiliser dans un acte de rééducation prescrit par le médecin. Une séance à visée esthétique, chez le kinésithérapeute comme en institut, n’est pas remboursée par l’Assurance maladie.

Prix d’une séance et d’une cure

Sur les grilles publiques relevées en novembre 2026 (instituts de plusieurs régions et centres spécialisés) :

Formule Prix constaté
Séance corps de 20 minutes 40 à 45 €
Séance corps de 35 à 50 minutes 70 à 100 €
Cure de 10 séances de 20 minutes environ 360 €
Cure de 12 séances de 45 à 55 minutes environ 1 030 à 1 190 €
Tenue environ 20 €, une fois

Le prix d’une séance dépend surtout de sa durée et du professionnel : comparez les cures à durée égale, et l’effet attendu avec ce que mesurent les études. Une cure de soin minceur ne vaut que par la régularité des séances, et les études le montrent : l’effet sur les centimètres suit surtout l’évolution du poids pendant la cure. Ajoutez au budget l’entretien, que le fabricant juge nécessaire pour garder le résultat.